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Projet UNICEF/ASDAP à Koutiala: Recueils de récits et témoignages des communautés sur la survie de l’enfant et de la sante de la femme

En octobre 2010, l’UNICEF et l’ONG ASDAP ont signé un PCA pour la mise en œuvre du projet pour la promotion des pratiques familiales essentielles et action essentielles nutrition, la prévention et la prise en charge de la malnutrition au niveau communautaire dans sept cercles des régions de Kayes, Ségou, Sikasso et Mopti, sur la période Octobre 2010-Décembre 2011.
     Une des spécificités de ce projet est l’accent mis sur la composante Communication pour Développement dans le district sanitaire de Koutiala, notamment les approches participatives basées sur la stratégie de communication pour le changement social et de comportement (CCSC). Au total, 55 villages de 10 aires de santé du district sanitaire de Koutiala ont été concernés par cette expérience.


Ce recueil de récits et témoignages des communautés sur la survie de l’enfant et de la santé de la femme, fruit de la mise en œuvre de la composante C4D (communication pour le développement) du Projet UNICEF ASDAP à Koutiala, est le résultat d’un travail collégial et d’une synergie d’action des acteurs communautaires. Il a été soutenu par la collaboration franche des techniques de l’Etat et l’appui technique et financier de l’UNICEF à travers ASDAP.
L’objectif recherché était de produire un « recueil témoignages » sur l’adoption d’au moins d’une des PFE ou gestes qui sauvent, tout en faisant une large diffusion de ce livret auprès des acteurs impliqués dans la promotion de la santé de l’enfant et de la mère.
Ces principaux récits et témoignages sont : le lavage des mains au savon aux moments critiques, l’allaitement maternel exclusif, diarrhée et SRO/Zinc, dormir sous moustiquaires imprégnée d’insecticide. Quelques personnes nous ont livrés leurs témoignages. Il s’agit de : Bourama Sanogo, Goumba Diakité, Zoumana Dembélé, et Bintou Diarra.
Bourama Sanogo, cultivateur marié à deux femmes raconte comment il a appris le lavage des mains au savon. « C’est au cours de la formation en alphabétisation que j’ai eu l’occasion d’avoir des informations sur le lavage des mains au savon. Cela a commencé par un constat de l’ensemble des participants, 26 au total. Avant cette formation, c’est elle qui assurait la restauration ; en ce moment tous les participants se lavaient les mains dans la même tasse ou dans le même sceau.
 Mais cette fois ci à notre grande surprise, elle est venue avec des balaies et des tasses en plastique mais  surtout avec du savon. Nous étions tous curieux de savoir pourquoi notre restauratrice a changé de comportement. C’est au moment de la pause déjeuné que nous l’avons interrogé successivement.
Elle nous a fait savoir qu’en plus de la restauration, elle sert de relais à l’ONG ASDAP et qu’elle vienne de suivre une formation sur les PFE dans le cadre du C4D de l’UNICEF. Nous l’avons demandé si elle pouvait nous consacrer un temps de causerie à la fin de notre formation sur le lavage des mains et l’allaitement exclusif.
Elle a accepté ; à la clôture de notre session de formation, elle est restée avec nous, et elle a fait un exposé sur le lavage des mains et un autre sur l’allaitement maternel exclusif. Elle a vraiment donné des informations pertinentes sur les deux thèmes. En rentrant à la maison, j’ai payé les kits pour le lavage des mains, un pour chacune de mes  femmes. Sur les 26 participants, j’ai croisé 2 chez le vendeur qui ont eux aussi payé le kit.
Le lait maternel assure la bonne santé de l’enfant. La mère de trois enfants soutienne cette affirmation. « Je m’appelle Goumba Diakité, je suis mariée et mère de 3 enfants. Je suis ménagère résident à Sorobasso. Avant, je ne savais pas l’importance de l’allaitement maternel exclusif. C’est pourquoi mes 2 premiers enfants ne sont pas nourris exclusivement au sein. Après leur quarantaine, la grand-mère faisait bouillir des décoctions de plantes, des jus de fruits, de l’eau chaude et leur donne au moment du lavage et les enfants peuvent faire 4 à 5 heures de sommeils.
Mais après un ou des mois, les enfants se plaignent des mots de ventre, des vomissements, de la diarrhée et de la constipation. Elle continue à leur donner des médicaments traditionnels. C’est pendant ma troisième maternité que j’ai reçu les informations à travers un relais de l’ASDAP qui est venu causer sur l’allaitement maternel exclusif, ses avantages et la bonne manière de donner le sein à l’enfant. Après la causerie, je suis parti à la maison et j’ai expliqué à ma belle mère et elle a accepté que je pratique l’AME. C’est après 15 jours de cela que j’ai accouché. J’ai commencé à donner exclusivement le sein à mon enfant il y a 3 mois. Mon enfant n’a jamais fait la diarrhée, ni les maux de ventre.
Nous n’avons acheté aucun médicament et mon enfant a bien grandi par rapport aux premiers. Je continuerai à donner exclusivement le sein à mon enfant jusqu’à 6 mois. Et je demande à toutes les mères de donner exclusivement le sein à leurs enfants pour leur bon développement et pour la santé de tous. Préservons la santé de nos enfants en leurs donnant une solution de réhydratation orale et du zinc à la maison des les premières signe de la diarrhée.
Je m’appelle Zoumana Dembélé, commerçant à Koutiala, je suis père de trois enfants. Moi Zoumana, je n’appréciais pas l’information des relais, je ne voulais pas les écouter. Mais un jour, ma femme avait voyagé et tous mes enfants sont tombés malades, ils souffraient tous de la diarrhée. Je ne savais pas quoi faire, je leur ai donné des médicaments traditionnels mais ça n’a servi à rien. A la  tombée  de la nuit, la diarrhée persistait, les enfants étaient tous affaiblis. C’est alors que j’ai fait recours à un relai du nom de Kadiatou Traoré qui est venue préparer le SRO pour mes enfants, il m’a conseillé d’amener les enfants  à l’hôpital le lendemain matin. Les enfants ont passé toute la nuit à boire le SRO et le lendemain au réveil, j’ai vu que la diarrhée s’est arrêtée. Mes enfants avaient retrouvés un peu de forme, je les ai amenés à l’hôpital.
De retour à la maison, le relais m’a expliqué les techniques pour éviter la diarrhée. Il faut consommer des aliments propres, de l’eau potable, et se laver les mains au savon. Depuis que j’ai commencé à suivre les conseils du relais, mes enfants sont en bonne santé, j’ai moins de problème. « Je remercie le relais pour son travail qui a sauvé la vie de mes enfants. J’ai fait ce témoignage pour que les autres comprennent que les relais sont pour nous, pour notre santé, c’est pour cela que nous devons les écouter et  suivre leurs conseils ».
Le moyen efficace pour lutter contre le paludisme est de dormir sous les moustiquaires imprégnées d’insecticide toutes les nuits et en toutes saisons.
 « Je m’appelle Bintou Diarra, je suis mariée et mère de 5 enfants dont 4 garçons et une fille, et je suis couturière. Auparavant, je n’avais pas les informations nécessaires sur le paludisme. Mes enfants et moi étions toujours victimes du paludisme du fait que nous ne dormions pas sous moustiquaire imprégnée. En plus de cela, il y avait un tas d’ordure et aussi des eaux usées partout dans ma cour.
Chaque deux semaine, mes enfants tombaient malades de paludisme et toutes nos économies étaient dépensées dans les ordonnances et les plantes traditionnelles. Mais tout cela ne servait à rien parce que mes enfants et moi ne guérissaient pas.
C’est après que nous avons reçu des informations à travers un relais C4D/UNICEF/ASDAP qui nous a donné des informations au sein de notre groupement féminin. Elle nous a donné des informations précieuses sur les causes, les signes, la conduite à tenir et les conséquences du paludisme.
     En tant que présidente de ce groupement féminin, j’ai immédiatement fait la part des choses et constaté que la maladie de mes enfants est le paludisme du au fait qu’on n’utilisait pas des moustiquaires imprégnées d’insecticide et aussi au manque d’assainissement. Après ces informations précieuses, j’ai  fait déplacer le tas d’ordures hors de ma cours, et utiliser les moustiquaires imprégnées pour tous les enfants de ma famille. Après, j’ai constaté que la santé est revenue dans ma famille. Ni ordonnances, ni plantes ne sont payées chez moi depuis plusieurs mois.
    En tant que femme leader d’association féminine, je demande à toutes les femmes d’écouter et d’utiliser les conseils des relais C4D/UNICEF/ASDAP en vue de lutter contre le paludisme. Ce recueil et témoignages sur les gestes qui sauvent est la preuve que, dans les communautés des dix aires de santé de Koutiala, un changement qualitatif est entrain de s’opérer.
     Il démontre ainsi la nécessité qu’un système de suivi qualitatif est nécessaire à côté de notre système traditionnel quantitatif de collecte de données, afin de permettre acteurs intervenants dans le système de santé malien de mesurer les progrès accomplis, mais aussi et surtout de connaitre les difficultés et les contraintes dans la communauté par rapport à un ou des comportements qui entravent, perturbent, ou empêchent l’obtention d’un bon état de santé morale, mentale et physique de la communauté.


Kadidia BATHILY

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